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La plus belle chose qui soit arrivée à la chanson francophone depuis bien longtemps, s’appelle Richard Desjardins.

8/23/10

La plus belle chose qui soit arrivée à la chanson francophone depuis bien longtemps, s’appelle Richard Desjardins.

On le considère comme un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de notre époque. On dit de lui que son nom figure désormais aux côtés des plus grands ‑ les Leclerc, Vigneault, Ferland ‑ qui ont défini l’art de la chanson française en Amérique.

Voici un aperçu de sa longue et riche carrière.

***

- Richard Desjardins est né en 1948 dans la ville minière de Noranda en Abitibi, dans le Nord-Ouest du Québec. L’Abitibi, c’est la région cousine du Nord de l’Ontario, vu son histoire marquée par les industries minière et forestière ainsi que la vague de colonisation agricole qui a eu lieu en même temps dans les deux régions.

- Il raconte : «Je me suis mis à étudier le piano, au risque de passer pour un faible aux yeux de mes amis. On ne faisait pas d’affaires de même dans l’coin… Comme il ne fallait pas que les gars apprennent ça, je cachais mes partitions, mais un beau jour ils les ont trouvées, les ont déchirées, puis ils m’ont sacré la volée. J’en ris aujourd’hui, parce que ces mêmes gars-là paient 35 piastres pour me voir en spectacle!»

- Jeune homme, il forme son band « Abbittibbi » avec des amis qu’il ne perdra jamais de vue, même pendant les périodes où le groupe à dû se dissoudre, faut de succès.

- À 22 ans, il voyage « sur le pouce » jusqu’à Buenos Aires en Argentine, avec l’aide de pas moins de 176 conducteurs! Il sait combien, parce qu’il notait tout dans son journal.

- De retour chez lui, il travaille comme pompiste d’essence et rédacteur de publicités pour la radio. Un jour, en 1977, son ami Robert Monderie lui demande de l’aider à faire un documentaire. Le film « Comme des chiens en pacage » raconte les débuts difficiles de la colonisation de l’Abitibi. Ce ne serait pas son dernier mot au cinéma.

- En 1981, le groupe Abbittibbi a la chance d’enregistrer l’album, « Boom Town Café », qui contient des chansons maintenant fort connues comme « Le chant du bum » et « Un beau grand slow ». Mais le producteur disparaît avec les bandes maîtresses de l’enregistrement. Cette première expérience avec l’industrie du disque lui a appris qu’il valait mieux s’en méfier. Désormais, il produirait ses disques lui-même.

- En 1986, il part enseigner la musique dans le Grand Nord. À son retour, il a un peu d’argent, mais pas assez pour produire un autre disque. Donc il convainc 400 personnes de payer 10 $ d’avance pour un exemplaire de son futur album. C’est ainsi qu’il a produit son premier album solo « Les Derniers Humains », à 3 000 exemplaires. À cette époque, il est venu faire un spectacle à Sudbury à l’invitation du Carrefour francophone.

- En 1990, il s’y ressaie. Cette fois, mille personnes ont voulu l’aider. Il est allé frapper aux portes de plusieurs maisons de production de disques, qui ont refusé de s’y intéresser. Donc c’est indépendamment qu’il a produit son deuxième album, « Tu m’aimes-tu ». Les producteurs ont vraiment manqué de flair : cet album-là s’est vendu à 154 000 exemplaires jusqu’à ce jour!

- Sa grande percée est au Festival d’été de Québec en 1990. Il raconte : « Ça a marché comme jamais j’aurais pu imaginer. Dans ma loge après le show, je me suis couché face contre terre, je capotais, je venais de passer à travers et là on est venu me dire que les spectateurs me demandaient en rappel. J’en revenais pas!Après ce spectacle-là la machine s’est emballée, mais je l’ai bien vécu parce que j’entrevoyais toutes les possibilités qui m’étaient désormais offertes et que je connaissais mes limites. Et j’avais plus 20 ans, j’en avais 42. À cet âge, tu t’énerves moins avec ces affaires là. »

- L’année suivante, il gagne au gala de l’ADISQ les prix « auteur-compositeur de l’année » et « album populaire de l’année ». Puis, on l’invite à Paris, où il triomphe aussi. Personne n’aurait prédit pareil succès pour cet artiste inclassable, qui fait tantôt des chansons country, tantôt des airs classiques, et dont les paroles jouent sur plusieurs niveaux de langage, passant du joual à une poésie pure. Depuis, il retourne régulièrement en France, ou sa renommée est aussi grande que chez nous.

- En 1993, il produit l’album « Richard Desjardins au Club Soda », qui comprend des chansons nouvelles comme « Phénoménale Philomène » (qui donne l’impression de voir toute une grande comédie du cinéma en cinq minutes), ainsi que des monologues et des compositions du temps de son groupe Abbittibbi. Ce spectacle, il l’a donné environ 450 fois au Québec et en Europe. Puis enfin, il produit deux albums avec son groupe Abbittibbi, des albums au son rock beaucoup plus charpenté qui fait place à la virtuosité des membres du groupe.

- C’est à cette époque qu’il devient le grand défenseur des forêts en produisant avec Robert Monderie le film « L’erreur boréale », un documentaire qui se penche sur les pratiques inquiétantes de l’industrie forestière. Le film soulève un débat public et provoque des changements politiques. Il reçoit de nombreux prix, y inclus le prix Jutra du meilleur documentaire en 1999.

- En 2003, il produit son album « Kanasuta », qui gagne notamment un des plus grands prix de la chanson en France, le prestigieux prix Charles Cros.

- En 2004, il réalise un audacieux projet avec un orchestre de 50 musiciens : « Desjardins symphonique ». La même année, il remporte un prix Félix, mais dans un geste ridicule, l’animateur de la soirée, Guy A. Lepage, lance le trophée au fond de la scène en s’offusquant que Desjardins n’ait même pas voulu venir le prendre. Or, il était à 12 heures de route de là, en Gaspésie, pour une tournée de spectacles. Cet incident plutôt ridicule a fait jaser.

- En 2005, Desjardins donne un spectacle retentissant à l’Olympia de Paris. Le chanteur Francis Cabrel endisque sa chanson « Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours ». Le nom de Richard Desjardins entre dans le Petit Larousse des noms propres. Puis la revue Sélection le nomme « héros de l’année » pour sa ténacité comme défenseur de la forêt boréale, en disant : « Ce qui a beaucoup frappé les gens, c’est qu’il s’est élevé contre l’establishment et les idées reçues, et qu’il n’a pas baissé les bras. »

- En 2007, il réalise le film « Le peuple invisible », qui porte sur le peuple algonquin, riche de plus de 5000 ans d’histoire, mais aujourd’hui presque en voie d’extinction. Ce film aussi gagne le prix Jutra, catégorie Meilleur documentaire.

- En 2008, le journal La Presse place l’album « Tu m’aimes-tu » au troisième rang du Top 50 des meilleurs albums québécois de l’histoire. Pas mal, pour un album dont aucun producteur ne voulait et qu’il a autofinancé! La même année, il publie deux livres poétiques : Aliénor et Le vol du colibri (sa traduction d’un récit autochtone, avec une postface du Dalaï-Lama).

- Puis à la fin de cette année 2011, il produit « L’existoire », son premier album fait en studio depuis 2003. Il était tant attendu que 40 000 exemplaires ont été vendus en quelques mois, ce qui en fait déjà un disque d’or. Il achève aussi sa longue tournée solo intitulée « Richard et sa guétard », qui est en tournée depuis 2008. Après un show à Montréal au Coup de cœur francophone le 8 novembre, cette tournée s’achèvera quatre jours plus tard à Sudbury.

- Parallèlement, il lance son nouveau film « Trou Story », qui porte sur l’industrie minière de l’Ontario et du Québec et qui a été tournée en grande partie ici même à Sudbury. Le film vient tout juste de paraître. Après son lancement à Montréal et à Rouyn au début de novembre, Sudbury accueille la première ontarienne de ce film qui soulève des débats animés ces jours-ci.

 

(Adaptation de renseignements tirés du site www.richarddesjardins.com)

Qu'est-ce Que La Slague?

La Slague est un diffuseur de concerts d'artistes francophones dans le Grand Sudbury (Ontario). Ses origines remontent aux années '60 et '70 quand La Slague accueillait des artistes comme Félix Leclerc, Jean-Pierre Ferland, Cano, Renée Claude, Harmonium et Offenbach. La Slague est disparu vers la fin des années '90 mais elle est revenue en force en 2006 dans la programmation du Carrefour francophone. Aujourd'hui, la Slague a le titre de meilleur diffuseur en Ontario français !